Voyage Gourmet au Japon

Par Gérard Orcel

Ueno

Mon second voyage au Japon est particulier, je l’ai gagné dans un tirage au sort. En plus du billet d’avion et d’un séjour ayant pour thème la découverte de la gastronomie japonaise offerts par Air France, l’office national du tourisme du Japon à Paris et JTB, je bénéficie de l’aide de ces deux derniers organismes pour l’organisation de la partie perso. Cette fois nous avons choisi de ne pas faire les temples et jardins mais de partir à la découverte de Kyushu. Un séjour donc plus orienté nature.

Le fait d’avoir gagné ce voyage offre un premier avantage : nous sommes réceptionnés à l’aéroport et accompagnés au bus qui nous conduit à l’hôtel. Non pas que ce soit difficile, il suffit de s’orienter vers le comptoir d’information où il y a des personnes qui parlent anglais et qui fourniront toutes les informations dont on peut avoir besoin, mais à la descente de l’avion après ce long voyage c’est sûr que l’on n’a pas envie de trop chercher. Le bus partant dans 30 minutes on en profite pour changer notre bon contre le JR pass. Il nous sera bien utile pour la visite de Kyushu et puisqu’on peut le retirer à l’avance - il suffit juste de préciser la date de la première utilisation - autant mettre à profit ces quelques minutes d’attente.

panneau d'affichage à la gare

Le lendemain, ballade dans Tokyo en solo, le guide ce sera pour les jours suivants. On se retrouve devant le grand plan du métro pour acheter notre ticket. C’est vrai qu’il intimide mais il faut d’abord repérer celui qui contient ces caractères qui nous sont si familiers. Ensuite un peu de gymnastique – quelle est la ligne départ, à quel réseau elle appartient, idem pour l’arrivée pour déterminer s’il faut un billet « transfer » le prix lui étant affiché dans le cercle de la station d’arrivée. Et puis en cas de doute la tactique bien éprouvée du billet au tarif minimal et passage au « fare adjustment ». C’est bien pratique. Quant à descendre à la bonne station, il y a maintenant des plans dans les rames. Sinon, il suffit de repérer le panneau dans chaque station qui indique la station où on est, celle d’où on vient et surtout celle où on va. Pas besoin de stresser.

Il m’est arrivé dans certains endroits reculés d’avoir à repérer sur le plan la station d’avant celle où je voulais descendre et de l’identifier par l’idéogramme du début ou de la fin. Il faut se méfier quand on utilise le nombre de stations, tous les trains ne sont pas omnibus. Pour le bus, il suffit de dire au chauffeur où l’on veut descendre - montrer le nom sur un plan aide bien – ou demander à un autre passager car il faut se manifester en sonnant pour demander l’arrêt. A chacun sa technique et jusqu’à maintenant je n’ai jamais manqué un arrêt, la prévenance des japonais ayant suppléé maintes fois à ma maladresse.

Shabu-shabu, pot au feu japonais

Il est temps de s’attaquer à un des points forts de notre voyage, la découverte de la gastronomie japonaise. L’agence nous a concocté un joyeux programme : 5 restaurants différents… en à peine plus de 2 jours. Il est préférable de prendre un petit déjeuner léger. C’est sans conteste une très bonne introduction à la palette variée de mets qui s’offrent à nous pendant ce voyage. Nous avons préféré le shabu-shabu, version japonaise (traduire sans matières grasses) de notre fondue. Vraiment délicieux. Et puis ne pas hésiter à prendre un verre de saké, même si c’est à 5h du matin à Tsukiji, devant son sushi tout frais. Un bon saké ne doit pas entailler la langue mais enrober la nourriture, et puis ça passe tout seul. On peut même trouver des sakés vieillis mais il faut se faire aider car il n’est pas facile de s’y retrouver devant ces murs de bouteilles dont les étiquettes ne sont pas forcément toutes déchiffrables.

Pour les gourmands, ce sera plus dur.
Les pâtisseries japonaises sont très différentes des nôtres et c’est un peu comme les huitres : le goût s’acquiert (parfois).
Par contre, il y a une tendance « fusion » dans leur pâtisserie ce qui permet de trouver quelque chose qui se rapproche de notre goût en cas d’absolue nécessité. Allez, une recommandation pour terminer ce chapitre culinaire : si vous trouvez quelque chose avec du yuzu, il faut absolument l’essayer (surtout les glaces). C’est incroyablement délicieux et subtil.

hanami

Tokyo est incroyable à cette époque de l’année, au moment de « Hanami », la contemplation des cerisiers. Il faut vraiment sacrifier à la coutume d’aller dans un parc pour admirer les cerisiers en fleur. Je trouvais que l’organisation était bien faite : il y avait des bâches sur le sol juste sous les cerisiers, super pour un pique-nique, jusqu’à ce que je comprenne que cela marquait un endroit réservé. Ce sera pour une prochaine fois.

Nous avons participé à la marée humaine du dimanche après-midi à Ueno.
La seule comparaison qui s’offre à moi pour décrire cet engouement, c’est la victoire lors de la coupe du monde de foot et la remontée des Champs Elysées ce soir-là. Pour une contemplation plus sereine, il faut privilégier les autres parcs et y aller en semaine et le matin.

Après une paire de jours les réflexes reviennent pour identifier l’emplacement des stations de métro, ce M stylisé bleu du moins à Tokyo, et aussi les restaurants par la lanterne. Ne pas oublier non plus les restaurants à l’étage. Il est quand même plus sympa de faire ces petits restaurants de quartier où il n’y a que quelques tabourets et n’offrant qu’une spécialité. Une fois passée la surprise des serveurs et clients, de voir débarquer des non-résidents, la soirée ira bon train et très souvent nous avons eu droit à une petite attention : un dessert ou une spécialité en plus.

Une chose à laquelle nous avons eu du mal à nous faire : les horaires des musées. Ils sont fermés le lundi ; c’est clair. Par contre ils ferment aussi pendant la semaine, pour mise en place de la nouvelle expo, ou inventaire ou autre. On avait demandé à notre guide de changer de programme, de faire un musée à la place d’une visite d’un quartier que l’on connaissait un peu. Son premier réflexe a été d’appeler le musée, ce qui nous avait surpris. Après avoir trouvé porte close lors des trois visites suivantes pourtant différentes que nous voulions faire par nous-mêmes, nous avons fini par demander à la réception de notre hôtel de vérifier pour nous avant de nous diriger vers le musée en question. Il est fortement recommandé de vérifier les horaires d’ouverture avant d’entreprendre un long déplacement.

La semaine à Tokyo passe vite et il est temps de prendre l’avion pour rejoindre Kyushu. Nous avons choisi de faire le tour de l’île : on ne passera que 2 jours dans chaque endroit. Nous avons donc privilégié les hôtels proches de la gare. Pas de ryokan malheureusement mais parfois une chambre japonaise avec tatamis et futon. Pour ces réservations l’agence a bien facilité l’organisation, les hôtels ne répondant pas toujours aux emails.

Centre d'information touristique

A chaque nouvelle étape toujours la même routine : aller au point d’information de la gare ou aéroport, prendre un plan de la ville et demander comment rejoindre le site touristique choisi. Pour ceux qui veulent voyager léger il faut aussi trouver les casiers de consigne. Une certitude : quand il y a un site touristique, il y a forcément un point d’information avec plans en anglais et des personnes qui peuvent nous renseigner en anglais.

La fin de l’époque Edo c’était il y a 150 ans ou presque. Le Japon s’est véritablement ouvert et y voyager est un réel plaisir.

A consommer sans modération !

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