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Nihongo ga hanasemasen

2008-06-01

Je ne parle pas japonais et c'est pourquoi j'avais, je l'avoue, une certaine appréhension : allais-je pouvoir communiquer, comprendre et me faire comprendre bien que ne parlant pas la langue du pays ? Tellement d'avis contradictoires circulent sur le niveau d'anglais des Japonais et la difficulté à s'orienter dans ce pays que l'on ne sait plus trop que penser. Arrivée en ville, je me sens un peu étourdie au milieu de tous ces caractères étranges et des nombreuses annonces qui résonnent à mes oreilles. Heureusement que l'hôtel se trouve à proximité de la gare et m'avait adressé au moment de la réservation un plan pour le trouver facilement.

Première journée de visite. J'ai décidé d'aller visiter un musée ce matin, et pour cela, il faut que je prenne le métro. Au Japon, le prix du titre de transport dépend de la distance parcourue, et ce même en zone urbaine. En arrivant dans la station de métro, je repère au-dessus des machines où l'on achète ses tickets de grands plans du réseau où ma station actuelle se détache clairement. Même si ce qui saute aux yeux est l'écriture japonaise, la transcription en alphabet au-dessus du nom de chaque station et de chaque ligne rend le plan parfaitement lisible. Par la suite, sur d'autres réseaux, j'ai remarqué que si les plans sont écrits intégralement en japonais, il y en a toujours un écrit en alphabet.

Le montant à acquitter pour le trajet est inscrit dans le cercle symbolisant la station d'arrivée sur le plan (le billet normal en gros, le billet à tarif réduit pour les enfants en petit). Il ne reste plus qu'à introduire de l'argent dans la machine et cliquer sur le montant désiré. Pour plus de sécurité, je préfère au préalable cliquer sur le bouton "English" qui permet de suivre les instructions en anglais. Et si je n'étais pas sûre du montant requis ? Et si j'étais pressée et n'avais pas le temps de chercher sur le plan ? Il suffit dans ce cas d'acheter un billet au tarif minimum et à la gare d'arrivée de passer par la "Fare adjustment machine" près de la sortie pour régler le complément.

2008-06-02

Dans la station, les différents panneaux d'orientation et plans sont eux aussi écrits en bi-écriture, mais malgré cela, il est parfois difficile de retrouver son chemin dans les grandes stations. Il ne faut pas hésiter alors à poser la question en anglais aux guichetiers qui feront leur possible pour mettre le touriste égaré sur le bon chemin. En tous cas, j'ai bien fait de télécharger le plan du métro à partir du site de l'Office du tourisme à la page Transports urbains. J'ai même vu que si on souhaite vraiment tout préparer avant le départ, le métro de Tokyo a lancé un site en anglais où l'on choisit sa station de départ, sa station d'arrivée et l'on obtient son trajet avec les correspondances et le prix.

Une fois dans le métro, comment ne pas rater sa station ? Les panneaux sur les quais indiquent bien le nom des stations, alternativement en japonais et en alphabet, mais parfois ces noms sont si longs ou dans une phonétique à laquelle on est si peu habitué qu'on a à peine le temps de les lire. Heureusement qu'à l'intérieur même des rames, le nom de la station clignote sur le plan de ligne au-dessus des portes. De plus, un haut-parleur annonce le nom de la station où on arrive et ceci non seulement en japonais mais aussi, bien souvent, en anglais. De plus, lorsque la rame démarre, le même haut-parleur annonce le nom de la station suivante. Difficile de se perdre en étant ainsi aidé, non ?

Enfin, me voilà arrivée à destination. Le musée que je souhaite visiter est vite repéré sur le plan dans la station de métro : il y a non seulement un plan du quartier mais aussi un guide indiquant le numéro de la sortie à emprunter pour parvenir au plus près de mon objectif. Une fois dehors, les choses seront-elles aussi simples ? Dans une ville japonaise comme dans tout autre ville au monde, rien ne remplace un bon plan. Des plans en anglais et parfois même en français sont disponibles dans les différents offices du tourisme, permettant de se repérer facilement pour accéder aux principaux sites touristiques. De plus, on trouve de nombreux plans d'orientation dans la rue, notamment sur les multiples petits postes de police.

2008-06-03

Dans la rue, une chose surprend : hormis quelques grands axes, il n'y a pas de nom de rue. En fait, une adresse japonaise se comprend selon une logique bien différente d'une adresse française. Alors que nous sommes habitués à une logique linéaire, une rue nommée allant du n°1 au n°X, les Japonais raisonnent en cercles concentriques : l'arrondissement, le quartier, le pâté de maisons, et ainsi de suite jusqu'au bâtiment spécifique. C'est pourquoi les adresses japonaises sont réputées si difficiles à comprendre. Si les grandes artères et les principaux carrefours sont nommés et que leur panneau est écrit également en alphabet, c'est parfois plus délicat pour le reste (bien que le nom des pâtés de maisons soient eux aussi écrits dans les deux systèmes). Les panneaux indiquant la direction des musées ou autres bâtiments importants sont eux aussi écrits en alphabet, heureusement !

Mais voilà qu'avec mon sens de l'orientation légendaire, je suis déjà perdue. La première personne à qui je m'adresse m'explique dans un anglais hésitant et avec toute sa bonne volonté le chemin à prendre. Au bout de quelques pas, je ne suis de nouveau plus sûre de rien. J'essaie de demander mon chemin à un passant, mais il s'éloigne rapidement en bafouillant qu'il ne parle pas anglais. Me voilà donc à tourner et retourner mon plan dans tous les sens, désemparée, lorsqu'une femme s'approche de moi et me demande si elle peut m'aider. Oui, assurément. Non seulement elle m'explique comment arriver au musée, mais en plus elle m'accompagne sur une partie du chemin et nous en profitons pour bavarder un peu. Elle me dit reprendre des cours d'anglais en cours du soir car elle voudrait voyager en Europe et les cours d'anglais du collège et du lycée sont bien loin et largement oubliés. Après cette agréable rencontre, me voici à l'entrée du musée.

Avec mon billet, on me remet un guide en français. Il est vrai que c'est un grand musée national. Dans d'autres musées, je devrai me contenter de guides en anglais. Dans les salles, je suis agréablement surprise : les notices des objets sont résumées en anglais. Même sans audioguide, pourtant disponible à l'entrée, je peux visiter le musée en sachant ce que je regarde.

2008-06-04

Après cette visite enrichissante, me revoici dehors car c'est l'heure du déjeuner. Comment choisir un restaurant alors que je connais si mal la cuisine japonaise ? Et comment faire comprendre ce que je désire ? Dans les vitrines des restaurants, des représentations en plastique des plats sont exposés avec une étiquette à côté où sont inscrits son nom (du moins, c'est ce que j'imagine puisque c'est en japonais) et son prix. Il est ainsi facile de faire son choix suivant ses goûts et son budget. Je me décide pour un menu tempura à l'air appétissant avec tous ses petits plats et ses beignets. Je rentre dans le restaurant et une serveuse me désigne une place. Je lui fais alors comprendre de me suivre au dehors où je lui montre dans la vitrine ce que je souhaite manger. Ces maquettes de plats sont décidément bien pratiques.

L'après-midi est dévolue à la promenade et au shopping. Dans les grands magasins, si le vendeur ne parle pas anglais, il ira en chercher un qui pratique cette langue. C'est plus aléatoire dans les petites boutiques, mais l'étiquettage est toujours très clair et les vendeurs pleins de bonne volonté dans ce pays du client roi. Quant aux temples et jardins, pas besoin de traducteur pour écouter le chant des oiseaux.
A la fin de la journée, passablement fatiguée, je décide de rentrer en taxi. Il m'a suffit de tendre au chauffeur le plan et l'adresse fournis par l'hôtel et m'y voilà rendue en très peu de temps.

Evidemment, il est plus facile de trouver à s'exprimer en anglais dans les grandes villes. Dès que l'on se retrouve à la campagne ou dans des minshuku (pensions de famille), c'est plus aléatoire, mais avec un peu de bonne volonté et de body language, et grâce à la gentillesse et la serviabilité des Japonais, voyager au Japon sans parler japonais n'est vraiment pas un souci !

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