Accueil / Récits de voyage / Kyushu, Shikoku… en quelques instantanés (à grignoter)

Kyushu, Shikoku… en quelques instantanés (à grignoter)

Fukuoka et ses aimants

Plage artificielle de Fukuoka

Un long ruban de sable blanc, en pleine ville. Une plage artificielle certes, comme celle du Prado à Marseille, mais un aimant pour les joggers, les amateurs de farniente et pour tous les citadins (et touristes) qui veulent fouler autre chose que du bitume. Des aimants, Fukuoka en compte bien d’autres. Les îles que j’aperçois au large abritent des parcs d’attraction, des villages de pêcheurs et des petits temples. Elles obligent les bateaux de toutes tailles à slalomer en sortant du port de la capitale économique de Kyushu. La cité des Hawks, le très populaire club de base-ball local, s’élève derrière une rangée de pins, dominant la plage et les environs. Un sacré aimant ! L’immense stade couvert, doublé d’un centre-commercial aux couleurs noir et jaune de l’équipe, constitue un parfait refuge en cas de pluie. Je m’y suis donc abrité dès les premières gouttes, regardant les fans loucher sur les multiples produits dérivés, rêvant d’assister à un match dans la formidable enceinte.

L’averse est passée et je retrouve la plage. Le sable sent bon et la mer n’est plus troublée par la pluie. Assis sur un journal déplié, j’attends le coucher du soleil. Je patiente en revivant les journées précédentes, de l’aéroport urbain si pratique aux calmes temples et jardins de Dazaifu, des rues commerçantes souterraines aux ruelles quasi-villageoises de certains quartiers. Mer, relief, frénésie urbaine, patrimoine culturel, architecture innovante voire surprenante,… Fukuoka et ses environs ne manquent ni d’atouts ni d’attraits.

Le soleil disparaît sous la ligne d’horizon. Je prends le métro qui, passant une poignée de stations seulement, me transporte vers le centre-ville tout en vitrines et néons, vers les agréables berges de la rivière Naka si sensible aux marées.

"yatai" restaurant ambulant

En ce début de nuit les yatai sont enfin ouverts. Aucun Japonais de passage ici ne se prive du plaisir de déambuler le long de ces célèbres « roulottes ». Elles s’installent le soir venu, créant de nouvelles rues. Les lampions colorés attirent les badauds et les insectes nocturnes. Sur une centaine de mètres, les sollicitations, les bruits et les odeurs changent, créent des micro-ambiances. Friture, bouillons, sucré, salé, fumets puissants ou subtils, gestes sûrs, tac-tac des couteaux experts,… La foule compacte va de baraque en baraque, louchant surtout sur les ramen, les meilleurs du pays dit-on. Certaines n’attirent personnes. On fait la queue devant d’autres. Tiraillé entre l’envie de faire plaisir aux vendeurs délaissés et celle de déguster des mets primés par les passants connaisseurs, je joue au roi Salomon en avalant deux délicieux bols de ramen. L’un acheté à une vedette des lieux. L’autre à une souriante cuisinière oubliée.

Akune, pique-nique sur une plage de sable blanc

plage de sable blanc

Une légère odeur de poisson séché s’immisce dans mon rêve. Aucun rapport avec cette aventure urbaine que je suis en train de vivre durant ma sieste. Le fumet piquant venu d’un hameau voisin me réveille. Mes paupières ne veulent pas s’ouvrir. Elles hésitent à livrer mes pupilles au soleil éclatant, blanc, qui illumine la mer turquoise et le sable blond. Un tableau d’abord aveuglant, puis idyllique. Une pleine page de prospectus d’agence de voyage. Et pourtant… personne. Pas très fier de mon bronzage de marcheur (à peu près le même que celui des cyclistes), je profite de cette solitude pour me baigner. Eau presque tiède, flottaison facile. Me suis-je endormi en faisant la planche ?

Toujours est-il qu’un jeune couple sorti de nulle part a fait son apparition sur la plage, s’installant à 5 m à peine de mon sac à dos. Il y avait pourtant de la place ailleurs… Vexé de devoir exposer ma peau bicolore à des inconnus, je cours vers ma serviette, me rhabille et enfin présentable, les salue. Eux aussi semblent envoûtés par cette plage de rêve qu’ils contemplent en silence. Même Japonais, ils sont surpris de trouver ici un tel lieu de carte postale. Ils savourent l’instant et l’endroit avant, soudain, de s’activer frénétiquement autour de leurs sacs. Nappe Hello Kitty dépliée, petites boîtes en plastique réparties avec ordre, thermos colorées vissées dans le sable chaud. Puis regards satisfaits sur l’ouvrage. Une paire de baguettes, deux paires de baguettes… trois paires de baguettes. Watashi ni desu ka ? Oui, la troisième est pour moi, tendue à deux mains avec un grand sourire par la demoiselle. Commence un festin aussi délicieux qu’inattendu. Poisson séché, omelette épaisse, tsukemono variés, thé glacé et ananas frais joliment coupé. Entre autres. Dégustation amicale, conversation « muette » toute en sourires, onomatopées et soupirs de satisfaction nous occupent une bonne demie-heure.

Conclusion 1 : le Japon compte des plages magnifiques. Conclusion 2 : les Japonais, pas si timides qu’on veut bien le dire, sont les rois du pique-nique.

Anguilles + « Venise » = Yanagawa

Yanagawa

Chaque pays ou presque affuble une de ses villes du surnom Venise de… Bruges, Stockholm, Amsterdam et bien d’autres se partagent le titre de Venise du nord. Mais il y a aussi la Venise verte, la Venise alsacienne, la Venise du Mexique, la Venise chinoise, la Venise provençale etc. Il suffit parfois de deux trois bouts de canaux pour être ainsi associé à la Sérénissime. Yanagawa est elle surnommée la Venise du Japon ? Peu importe. C’est un plaisir de longer ses canaux hérités d’un système complexe de douves qui protégeaient un château détruit durant la période Meiji. Les canaux, rivières et estuaires boueuses de la région sont propices aux légendes.

On peut en effet imaginer tout ce que l’on veut en regardant les eaux sombres, insondables. Elle seraient peuplées d’excellentes anguilles. Pensant à un futur dîner, je salive en marchant sur les berges. Soit en pleine ville, là où des enfants tuent l’ennui en jetant des cailloux, là où les touristes se promènent en barques. Soit côté champs, où les hérons de toutes tailles passent leurs journées à guetter la moindre bulle ou vaguelette, synonymes de potentiel repas.

Plat à base de riz et d'anguilles

Quelques maisons traditionnelles et des temples protégés par des pins composent un quartier du nord de la cité. De charmants restaurants proposent unadon, unaju et autres plats à base d’anguilles. Les tronçons du poisson longiligne trônent grillés sur du riz blanc, arrosés de sauce au saké, de sucre et de shoyu. Il fond dans la bouche sans que la langue n’ait besoin de travailler. Une fois rassasié, je remercie mentalement tous les pêcheurs que je croise sur les berges boueuses, là où de longues barques se balancent entre de hauts piquets roses, noirs, gris.

Shimabara, Amakusa Shoto... clochers du Japon

Coucher de soleil

Le min min des cigales est assourdissant aujourd’hui. Mais des cloches battant à la volée font taire un instant les insectes aux ailes musicales. Un rythme et un son maintes fois entendus en Europe mais qui me prennent ici par surprise. Passé un petit col, je découvre le clocher dépassant d’une colline sculptée par les rizières. Etonnant tableau ! Je remets de l’ordre dans ma tête : les Portugais, Saint François-Xavier, la propagation du christianisme, la répression, les révoltes... C’était là tout à l’ouest de Kyushu, au plus près de ce monde extérieur dont le Japon s’isolait, que le christianisme a voulu s’implanter. Les petites communautés chrétiennes de la région sont les héritières de cette tumultueuse tentative de prosélytisme. Les modestes flèches de leurs églises, souvent récentes, ne peuvent certes pas rivaliser avec celles des cathédrales européennes. Mais leur discrète présence dans une opulente verdure asiatique transforme le paysage.

La péninsule de Shimabara et l’archipel d’Amakusa offrent un cocktail de surprises. Sous l’œil d’un terrible volcan, j’y marche entre les rizières et les orangers, de vallées verdoyantes en cols dominant les golfes et les criques. D’innombrables bateaux des pêcheurs circulent d’îles en îlots, petits points noirs traçants des lignes blanches sur l’eau turquoise. Le soir venu, les villages plongent dans l’obscurité. Eclairage faible, bruits de cuisine et son des télévisions. On s’y couche tôt semble-t-il. Est-ce dû à l’âge avancé des habitants ? Où aux habitudes paysannes de s’activer bien avant le lever du soleil ? Il faut de la chance et de la persévérance pour trouver un lieu où se restaurer, où dormir. Mais je finis toujours par croiser une petite mémé pliée en deux ou un écolier rentrant d’un cours particulier, pour m’orienter vers une auberge. Là, il n’y a aucune (mauvaise) surprise à attendre. Le repas servis est succulent et le futon déplié sur le tatami sentant la paille et le tabac s’avère immanquablement confortable.

Le son des cloches me réveille. J’attends le chant du coq, l’odeur de la baguette fraîche et du café au lait. Mais les cigales et le riz cuit du petit-déjeuner me ramènent immédiatement au Japon.

Reliefs de Kagoshima

Bateau en direction de Sakurajima

Le ferry quitte le port de la grande ville du sud de Kyushu. Je le regrette presque tant l’animation des quais était passionnante à observer – notamment les chargements de bois de constructions, si précieux dans les îles qui s’égrainent jusqu’à Taiwan. Une légère brume trouble l’horizon. A défaut de panorama, je louche sur la jolie nuque d’une passagère. Non loin, accoudé au bastingage, un petit garçon pousse un cri de joie. Des éclairs d’argent strient la surface de l’eau. Ce sont des poissons-volants, les premiers que je vois autrement que séchés sur les étals des marchés. Comme par enchantement, la brume se dissipe alors, permettant à tous ceux qui se promènent sur le pont (plutôt que dormir sur les tatamis à l’intérieur) de profiter de la vue sur le majestueux volcan Sakurajima. Un nuage gris qui s’étire mollement dans le sens du vent, surmonte le « Vésuve nippon ».

Hier, au bulletin météorologique de la télévision locale, on prévenait les gens que la poussière éviterait la ville. Les ménagères peuvent étendre leur linge sans crainte. Et les laveurs de voitures ne font pas recette. A la belle montagne fumante se superpose la forme d’un shirokuma que la jolie passagère a posé sur le bastingage. Peu pressée de se rafraîchir en l’avalant, elle le regarde fondre tout doucement. Du sommet du petit relief de glace pilée, spécialité de Kagoshima, dégouline une « lave » bicolore de lait concentré et de sirop au melon. Pourquoi n’y touche-t-elle pas ?Son petit ami revient alors que le Kaimondake – mont triangulaire cerné par les eaux – est en vue. Le volcan de glace était pour lui. Il ne ressemble plus à rien. La glace et le sirop forment une bouillie verte. Les amoureux font la moue en regardant le granite devenu liquide. Puis se prennent la main pour regarder le volcan, le vrai, si bien dessiné.

Uwajima, en mangeant un Totoro au chocolat

Biscuits en forme de Totoro

Les enfants qui sortent de l’école primaire se pressent devant une boutique. Un bon signe. Je pousse donc la porte des lieux. Une clochette tinte. Je m’équipe d’une pince et d’un plateau, deux outils essentiels pour qui visite une boulangerie nippone. Les différents produits sont joliment disposés sur de gros cubes en bois. Je prends le temps de les détailler : pains gonflés par la farce de haricots sucrés, spécialités salées qui sentent le curry, « pains à le chocolat » en français sur l’étiquette, mini-sandwiches présentés comme des bijoux, buns au thé vert etc. La vendeuse, petite coiffe blanche sur la tête, assure les commandes des enfants en souriant. Une fois partie la nuée de bambins, elle soupire sans effacer son sourire. Une petite goutte de sueur trace un joli chemin sur sa tempe. Puis elle m’aperçoit, voyageur rouge de bonheur devant un adorable gâteau en forme de Totoro… J’ai pourtant 30 ans de plus que ses derniers clients mais suis toujours sensible aux rondeurs généreuses du personnage de Miyazaki. La pâte est souple, sucrée juste ce qu’il faut. Le cœur au chocolat me prend par surprise - tout comme le fait depuis la veille Uwajima, le charmant port de l’ouest de Shikoku. La couleur du chocolat qui tache mes doigts rappelle celle des maisons en bois qui bordent les ruelles, rangées le long de minuscules ruisseaux dévalant des collines boisées.

Tout en haut, les taureaux se battent parfois dans une arène, se livrant contraints au togyu, une sorte de sumo pour bovins musclés. L’impressionnant animal tient d’ailleurs la vedette sur les cartes postales, dans les boutiques de souvenirs et sur les ema (ex-voto) des temples locaux. Le sanctuaire shintoïste Taga-jinja, dédié aux divinités de la Fertilité, attire lui de jeunes touristes étrangers un peu voyeurs.

Cinq minutes suffisent pour quitter l’atmosphère urbaine. Les potagers poussent au bord de la rivière et les plantations d’orangers remplacent très vite le bitume. Vu de son château noyé dans les arbres, Uwajima - pourtant figurée par un gros point rouge sur la carte - apparaît comme un vaste village lové au fond d’une baie fermée par une île. Une halte agréable où je ne devais que passer… J’y suis depuis une semaine.

Uchiko, bois sombre et bouillon clair

Chat à Uchiko

J’ai honte. J’ai menti au vieux monsieur qui m’héberge dans sa belle demeure historique. Il m’a demandé si j’avais mangé ce midi - prêt à me proposer une petite collation. Sur le coup je n’ai pas saisi le sens de sa question et ai répondu oui. Le voilà bien surpris de me voir assis en tailleur à la longue table d’une auberge. J’espère qu’il ne m’en veut pas trop, qu’il comprend que mon japonais balbutiant est la cause de ce malentendu. Assis en tailleur, j’attends le plat commandé. Une serveuse presque centenaire dépose une large assiette creuse devant moi. Le bouillon fume. Trouble et épais, il dégage une odeur un peu sucrée, végétale et animale à la fois. Avec les baguettes, je saisis les ramen et aspire. Elles sont quasi superflues tant le bouillon à lui seul est intense et riche en parfums. Un délice, une expérience inoubliable. J’ai finalement bien fait de mentir involontairement au vieux monsieur.

Pour me remettre de mes émotions, je parcours pour la dixième fois sans me lasser cette bourgade rurale toute en longueur. Un gros chat somnole en cachant ses pattes sur le pas de porte d’une vénérable demeure. Il s’est placé juste au milieu, au millimètre près, pour participer à l’harmonie du lieu. Tout en étant sans doute conscient d’être encore plus beau que tout ce qui l’entoure. Ainsi sont les chats. Un arbre croule sous des kakis presque murs. Je ressens toujours une certaine émotion face à des fruits que je suis habitué à voir chez moi dans le rayon « fruits exotiques » des supermarchés. Le Japon m’a permis de compléter ma collection : kumquat, taro, nashi. De belles maisons du 19e s., couleur crème et ornées de motifs en stuc, forment une rue principale longue de quelques centaines de mètres, une rue-musée agréable à détailler. Le bois, la pierre, les pins « manucurés », les chats... C’est pourtant à un autre matériau qu’Uchiko doit sa notoriété : la cire végétale fabriquée à l’aide des baies du sumac, un arbre local. Confection de bougies ou d’onguents, imperméabilisation du papier traditionnel, l’industrie de la cire occupait la majorité des artisans locaux. Sur les étals de quelques boutiques, de belles chandelles à l’ancienne attendent les acheteurs. J’ai de la chance, aujourd’hui le maître des lieux en fabrique, les mains trempées dans l’épais et curieux liquide brun. La couleur me rappelle le bouillon du midi qui m’obsédera encore plusieurs jours…

Kochi, des marchés au pied du château

Kochi

Perché en haut d’une modeste colline, le château de Kochi imite ceux d’Himeji ou de Nagoya, ses grands frères. Loin des lignes de shinkansen et des circuits touristiques, isolé par les reliefs de Shikoku, il semble remercier ceux qui font le (petit) effort de gravir les allées pentues et paysagées qui y donnent accès. Les cinq étages de son très élégant donjon sont d’origine. Du sommet, la vue sur la ville ne déçoit personne : les avenues rectilignes, les ruelles piétonnes des quartiers labyrinthiques, les rus qui glougloutent, le petit pont Harimaya prisé des amoureux, la large rivière bordée de grandes herbes blondes couchées par le vent, le stade de base-ball et le vélodrome… Je reste une bonne demi-heure à regarder en bas la circulation des tramways un peu rétro, des voitures cubiques, des collégiens à vélo. Au sud, la différence de lumière indique la présence de l’océan Pacifique, tout proche. La côte est là-bas sauvage, découpée, rocheuse, toute en criques et plages photogéniques sur lesquelles se penchent des pins.

Nous sommes dimanche et la longue avenue Otesuji, qui part de la colline du château, est sur un kilomètre totalement dédiée à un marché vieux de 300 ans. Depuis l’aube les stands poussent sous les palmiers et font disparaître le bitume. Les fruits et légumes de saison produits aux environs embaument la brise matinale. Les lames de superbes couteaux artisanaux brillent aux premiers rayons de soleil. Non loin, le marché couvert rassemble une douzaine de restaurants répartis autour de grandes tables collectives. Collégiens, lycéens, personnes âgés, employés de bureaux et touristes s’y côtoient joyeusement, même le midi quand il faut jouer des coudes pour trouver une place. Les derniers optent le plus souvent pour le katsuo no tataki, une « spectaculaire » spécialité locale dont la préparation s’avère aussi intéressante que la dégustation. Un cuisinier nourrit un feu de paille odorante pour braiser une bonite tenue à la main. Le poisson est ensuite coupé en fines tranches mi-cuites qui fondent dans la bouche en dégageant une vaste palette de goûts et de textures : cru, fumé, croquant, fondant…

En sortant du marché, une délicieuse odeur sucrée me guide vers une camionnette verte. Dans un dessin-animé on verrait une petite fumée colorée… Il y a la queue devant un vieux monsieur qui s’active pour sortir du four et emballer des melon pan tout chauds et annoncés authentiquement tokyoïtes. Comme une vedette en tournée, les dates de ces prochains arrêts (Tokushima, Kobe…) sont inscrites sur un tableau noir. A-t-il des fans qui le suivent à travers le pays ? Après avoir mordu dans la pâte souple et sucrée… je décide d’en faire partie !

Shodoshima, l’olive des olives

Mer Intérieure

Je croque avec méfiance et curiosité le petit carré de chocolat de couleur verdâtre. La photo de l’emballage montre de beaux oliviers qui regardent vers la mer. Du chocolat aux olives ? Ma logeuse m’a tendu à deux mains cette tablette, afin de me remercier pour le chocolat belge que je lui avais offert, pour moi-même la remercier de m’avoir prêté son vélo hier… Dois-je à nouveau la remercier de m’avoir remercié ? Bref… Le chocolat blanc fond sur ma langue, dégageant un subtil goût d’huile d’olive. Car sur la grande île en forme de vache que baigne la Mer Intérieure, on est fier de ses oliviers.

Leur culture est une tradition, une curiosité « exotique », un business aussi. L’olive se décline en bonbons, chocolats, peluches, babioles diverses… et un tout petit peu tout de même en huile et pickles. Surprenant. Les touristes sont invités à visiter une ferme, sorte de fantasme européen dominé par un moulin un peu incongru. Les paysages eux n’ont rien à envier aux côtes méditerranéennes, qu’elles soient d’Azur, del Sol, Bianca, Smeralda ou autres... Ici aussi les reliefs aux cimes parfois rocheuses, plongent dans une mer bleue presque transparente. Des villages de pêcheurs se lovent au fond de criques. De belles villas aux jardins plantés de palmiers bordent des plages de sable fin. Se baigner, marcher, mais aussi pédaler sur les routes si calmes … j’ai tout essayé.

Si l’île est un peu envahie le week-end et durant les vacances, elle appartient en semaine aux voyageurs en décalage. Les sinueuses routes côtières sont alors tranquilles, idéales pour zigzaguer en vélo, faire un détour par une crique, un village qui sent le filet de pêche ou un potager où poussent de petites aubergines luisantes. Et sur les chemins à l’intérieur de l’île, parfois fort pentus, les nombreux marcheurs du dimanche laissent la place aux rares marcheurs… du lundi, ou mardi… Ici, atteindre les sommets permet d’embrasser de magnifiques panoramas sur la Mer Intérieure, ses îles de toutes tailles et le ballet des bateaux qui les desservent.

Professionnels

Professionnels du tourisme, cette section vous est réservée.
Espace professionnels

Espace personnel

Sur Mon Japon, des fonctionnalités exclusives.
S'inscrire

Newsletter

Abonnez-vous à notre newsletter gratuite.
S'abonner